Les familles monoparentales représentent une famille sur quatre en France. Dix-huit pour cent d’entre elles concernent des pères seuls. À travers des instants du quotidien intime d’Yves et de son fils, Ismaïl, j’ai cherché à mettre en lumière la relation entre un père et son fils que soixante ans séparent. Comment Yves tente d’élever au mieux son fils et assumer le rôle des deux parents ? Comment vivre avec l’absence d’une mère et d’une épouse ? Cette série vise également à questionner les imaginaires associés à la monoparentalité paternelle, la masculinité et le rapport à l’âge.
Suite au décès de la mère d’Ismaïl alors âgé de cinq ans, lui et son père ont construit un quotidien paisible dans leur maison située à Saint-Pierre, un quartier de la rive droite de Brest. Cet équilibre ne va pas de soi, ils l’ont trouvé au fil des années et des épreuves qu’ils ont traversé ensemble. Chacun a trouvé sa manière de se reconstruire suite au deuil. Ismaïl a développé une grande force tranquille, notamment grâce à la boxe qu’il pratique depuis six ans. Yves, converti à l’islam à cinquante ans, a trouvé une partie de sa force dans sa foi et il s’est entièrement consacré à élever seul son fils. 
Cette série immortalise un moment particulier de la vie d’Ismaïl et Yves. À quinze ans, Ismaïl est un adolescent qui prend son indépendance et s’émancipe de son lien fusionnel avec son père. Au même moment, à soixante-quinze ans, Yves retrouve progressivement son individualité. Retraité, il continue d’explorer la vie, se souciant peu des regards extérieurs.
« Quand Ismaïl avait un an, sa mère a trouvé cette plage. C’est une plage où l’on ne perd pas de vue l’enfant. Elle l’y amenait régulièrement. Pour nous, c’est un endroit de respiration et de mémoire. »
« Quand Ismaïl avait un an, sa mère a trouvé cette plage. C’est une plage où l’on ne perd pas de vue l’enfant. Elle l’y amenait régulièrement. Pour nous, c’est un endroit de respiration et de mémoire. »
« C’est vraiment la plage de ma vie. J’y allais tout le temps quand j’étais petit. »
« C’est vraiment la plage de ma vie. J’y allais tout le temps quand j’étais petit. »
« La première difficulté au moment du décès a été de tenir le moral de mon fils qui pleurait tous les soirs. Ça a duré plus d'un an. C'est logique, mais je n'avais personne avec moi pour faire face à tout ça. »
« La première difficulté au moment du décès a été de tenir le moral de mon fils qui pleurait tous les soirs. Ça a duré plus d'un an. C'est logique, mais je n'avais personne avec moi pour faire face à tout ça. »
«Le vrai bonheur se trouve dans les petits bonheurs qui s’additionnent. Je veux qu’il comprenne la nécessité de profiter de ces moments, parce que c’est ceux-là qu’on peut retenir toute une vie. »
«Le vrai bonheur se trouve dans les petits bonheurs qui s’additionnent. Je veux qu’il comprenne la nécessité de profiter de ces moments, parce que c’est ceux-là qu’on peut retenir toute une vie. »
« On ne pense pas aux soixante ans qui nous séparent. On est à mille lieux de tout ça. »
« On ne pense pas aux soixante ans qui nous séparent. On est à mille lieux de tout ça. »
« Une fois, je lui ai demandé s’il accepterait qu’il y ait une autre personne à la maison. Il m’a répondu “Oui, quand j’aurai une copine”. Il veut me garder tant qu’il n’a personne d’autre. On est sur un problème de possession et de territoire. Quand je me mets à sa place, je comprends. Je sais qu’il compte sur moi, il n’a que moi. »
« Une fois, je lui ai demandé s’il accepterait qu’il y ait une autre personne à la maison. Il m’a répondu “Oui, quand j’aurai une copine”. Il veut me garder tant qu’il n’a personne d’autre. On est sur un problème de possession et de territoire. Quand je me mets à sa place, je comprends. Je sais qu’il compte sur moi, il n’a que moi. »
« À mon âge, je n’ai plus rien à perdre. J’assume ce que je suis. »
« À mon âge, je n’ai plus rien à perdre. J’assume ce que je suis. »
« Des gens me disent "Qu’est-ce que t’as été courageux." Je leur réponds que non. Si vous étiez à ma place vous feriez la même chose. Votre gamin il n’a rien demandé, donc vous allez vous battre pour lui, pour qu’il réussisse et vous avec. »
« Des gens me disent "Qu’est-ce que t’as été courageux." Je leur réponds que non. Si vous étiez à ma place vous feriez la même chose. Votre gamin il n’a rien demandé, donc vous allez vous battre pour lui, pour qu’il réussisse et vous avec. »
« Il faut avoir le rôle affectif de la mère, et le rôle de père. Une forme de masculinité, que moi, je n'ai pas parfaitement, loin de là. Et à partir de ça, tu vis pendant très longtemps avec ce personnage ambigu qui va être d'un côté le super affectif, de l'autre le pilote de ta vie. Tu mélanges tout ça. Et ça, pour moi, c'est la tâche la plus difficile. »
« Il faut avoir le rôle affectif de la mère, et le rôle de père. Une forme de masculinité, que moi, je n'ai pas parfaitement, loin de là. Et à partir de ça, tu vis pendant très longtemps avec ce personnage ambigu qui va être d'un côté le super affectif, de l'autre le pilote de ta vie. Tu mélanges tout ça. Et ça, pour moi, c'est la tâche la plus difficile. »
« Avec mon fils, on est fusionnel. Notamment parce que je l’élève seul. Je lui ai toujours dit : Je me bats pour que tu sois un homme libre. »
« Avec mon fils, on est fusionnel. Notamment parce que je l’élève seul. Je lui ai toujours dit : Je me bats pour que tu sois un homme libre. »
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